HISTORIQUE  DU 506e RÉGIMENT
DE CHARS DE COMBAT 

 

 

FORMATION DU 506e RÉGIMENT DE CHARS BLINDÉS

Le 506e Régiment comprend les 16e, 17e et 18e Bataillons. Le personnel de ces bataillons, provenant des volontaires de toutes armes, fut instruit en hâte au camp de Cercottes. Puis les bataillons formés le 16e le 14, le 17e le 21, le 18e le 28 juillet, après deux périodes d'instruction intensive à Cercottes et à Bourron, furent rassemblés au camp de Mailly. Le Régiment, ayant à sa tête le Chef de bataillon Lemar, était constitué le 7 septembre 1918 ; les commandants Cloitre, Lenoir et Vilarem avaient chacun pris le commandement d'un bataillon. La période préparatoire au combat fut très courte, une vingtaine de jours. Le 21 septembre le 16e bataillon embarquait à Poivres pour la Champagne ; le 17e partait le 25 septembre dans la forêt de Hesse ; le 18e bataillon, le 1er octobre, allait rejoindre le 16e.

Ainsi, les opérations eurent lieu sur deux théâtres différents ; deux bataillons combattirent ensemble dans la région d'Orfeuil, en Champagne, le troisième prit part aux combats de l'armée américaine dans le secteur de Verdun.

Combats du 16e Bataillon.

Le 21 septembre le 16e bataillon quitte le camp de Mailly pour débarquer près de Laval-sur-Tourbe. Là, les chars dissimulés sur un ancien emplacement de batterie, dans un ravin, sont soigneusement camouflés. Les hommes trouvent des abris dans de vastes chambres à munitions aménagées dans le flanc nord du ravin.
Jusqu'au 25, c'est la mise au point des appareils, la préparation plan d'engagement, les reconnaissances, par tous les gradés, des pistes et du terrain. Le 25, veillée des armes ; l'attaque pour le lendemain.
Vers 23 heures, l'intensité de la canonnade s'accroît tenant tout le monde en éveil. L'heure H est fixée à 6 heures. !

A quatre heures on commence à faire tourner les moteurs et  les chars sortent du ravin. Deux compagnies doivent prendre part à la bataille, les 346e et 348e, (la 347e restant en réserve) ; elles ne seront engagées que dans la deuxième phase de l'attaque ; après que les troupes de première ligne auront atteint leurs objectifs.
6 heures : l'attaque est partie.
Les chars se mettent en route.
Jusqu'aux premières lignes, la marche d'approche fut relativement facile, les pistes ayant été très bien aménagées. Au delà le terrain très bouleversé nécessita pour le passage des chars un travail de terrassement fort important dont s'acquittèrent des compagnies de travailleurs fournies par le 9e B.C.P.
Le brouillard, intensifié par les tirs d'obus fumigènes exécutés dans la nuit, gêne considérablement les équipages pendant toute la traversée de la région des entonnoirs.
La marche est rendue plus difficile encore du fait de l'ennemi qui ne ménage pas ses obus de 150 et de 210. Devant la 348e, une section de génie qui accompagne la progression découvre un champ de mines constitué par des obus de 150 placés verticalement dans des caisses en bois recouvertes d'une tôle et dissimulées dans le gazon.
Les obus sont désarmés et les passages jalonnés soigneusement.
Le brouillard se lève tout à coup, le marmitage s'intensifie.
Les chars descendent les pentes des Mamelles pour atteindre le ravin de la Goutte qui s'allonge jusqu'à la Dormoise. La descente rendue très pénible par les entonnoirs de mines, les trous d'obus, et par les coups des canons anti-chars qui, placés au nord de la rivière, enfilent le ravin de la Goutte. Le lieutenant Nazal marche à pied devant sa section, admirable de sang-froid, ne se souciant pas des obus qui éclatent autour de lui, donnant confiance à ses quelques jeunes mécaniciens de chars. La 348e compagnie subit ses premières pertes. Le lieutenant Nazal est grièvement blessé, plusieurs chasseurs sont touchés.
La 346e, descendant les pentes du bois de la Galoche dans un terrain lunaire, essuie le feu des mitrailleuses et des canons ennemis sans subir de pertes. Vers 21 heures 30, après des difficultés tous les chars des deux compagnies, sauf un resté en panne à Mesnil-les-Hurlus, s'installent tant bien que mal pour passer la nuit ; la 346e à proximité d'une ex-tranchée allemande au fond de la Galoche, la 348e dans le ravin de la Goutte. Dans la nuit les ordres de détail arrivent pour les opérations du lendemain. Les deux compagnies ont mission d'appuyer une attaque du 51e R.I. en direction du village de Manre.
Dès l'aurore les chars se mettent en route. La 346e passe la Dormoise à 8 heures après une progression difficile dans un terrain semé de troncs d'arbres très rapprochés coupés à 30 centimètres du sol. Trois chars restent en panne. La compagnie atteint sous le canon la crête du Fourmillier. Pour permettre le passage de la 348e compagnie, le Génie avait construit un pont de bois sur la Dormoise. Le premier appareil qui s'y engage tombe à l'eau, le pont ayant cédé sous lui. Des arbres et branchages à la hâte dans la rivière permettent le passage des autres chars.
Vers 11 heures, l'infanterie ayant stoppé sur les pentes nord du Paderborn, les chars vont entrer en action.
Devant la position d'attente des compagnies, le bois de "La Tourterelle" forme un rideau masquant un ravin profond.
Les fantassins s'emparent du bois que les chars traversent, en essuyant un violent tir de barrage ennemi. Pour quitter rapidement zone battue et soutenir l'infanterie engagée contre Manre, les mécaniciens accélèrent l'allure. C'est alors une véritable culbute de chars au milieu des éclatements nombreux des projectiles ennemis de tous calibres. A la 346e, deux chars restent en équilibre au bord de la crevasse à pic et l'un d'eux, atteint de plusieurs obus, vole en éclats ; deux autres sont renversés sur le côté, soulevés par des obus ; un cinquième dans un trou ; un dernier est en panne. A la 348e, un char est incendié par un obus éclatant sur la tourelle, trois autres ont leurs chenilles arrachées.
Aussi, malgré la rapidité avec laquelle les unités descendent le Paderborn, ce n'est que très tard, à la tombée de la nuit, que quelques chars arrivent à leur position de départ. L'attaque sur Manre avait été décommandée. Elle devait reprendre le lendemain.
C'est la première fois que le 16e bataillon va avoir à participer directement et effectivement au combat, aussi chacun s'emploie-t-il avec ardeur à dépanner les appareils endommagés, à vérifier ceux qui ont échappé jusqu'ici à la panne, à ravitailler en essence.
Ces travaux pénibles prennent toute la nuit et sont terminés pour 5 heures du matin.
Deux sections de la 348e compagnie et une section de la 346e  prennent le départ pour l'attaque du village de Manre. L'infanterie est presque aussitôt arrêtée par les feux nourris des Allemands. les chars manœuvrant en avant des fantassins, fouillent les buissons et tuent sur leurs pièces les mitrailleurs ennemis.
Les chars de la 346e réduisent un important blockhaus ; à la 348e le M.D.L. Pierret pénètre dans le village, courant sur les Boches qu'il découvre à la lisière du bois d'Isay, puis revient nettoyant le village complètement.
Le M.D.L. Carbonne, bien que blessé au visage par une balle anti-chars croise devant l'infanterie, infligeant à l'ennemi des pertes sérieuses.
Le char du lieutenant Pélissier conduit par le chasseur Ernault est atteint par un obus, le moteur s'arrête, impossible de remettre en marche de l'intérieur. Le lieutenant sort pour lancer son moteur, moteur, il est immédiatement pris à partie par un petit groupe d'Allemands qui lui font signe de se rendre. Il se couche, s'arme de son revolver, se dégage. Blessé au bras et à la poitrine, il réussit avec son conducteur à regagner nos lignes. La conduite admirable du M.D.L. "Santarserio" mérite d'être signalée, il n'avait plus de char, celui-ci ayant été atteint la veille par un obus. Il se propose comme agent de liaison. Donnant sur la ligne de feu l'exemple aux fantassins hésitants, c'est en les entraînant à l'assaut qu'il tombe grièvement blessé. Quelques jours après il mourait à l'ambulance. Voilà la première journée de véritable combat du bataillon. Tous ont lutté avec acharnement jusqu'à la nuit : le village de Manre fut enlevé et dépassé par l'infanterie.
Après cette chaude journée les deux compagnies sont rassemblées bois de l'Ane où quelques jours sont employés au dépannage à la révision des appareils.
Le 28 septembre, la 347e compagnie, qui avait été laissée en réserve de C.A., se prépare à entrer à son tour dans la bataille.
Traversant les ruines du village de Tahure elle arrive avec tous ses chars au bois du Merle.
Le 29, à 8 heures du matin, elle reçoit l'ordre de gagner une position de départ au nord du ravin des Oiseaux pour participer une attaque ; les chars arrivent vers 10 heures. Les reconnaissances immédiatement faites. Une section doit soutenir l'infanterie vers Manre et La Croix Muzart. Départ à 14 heures 30.
Dès qu'elle quitte la position, la section, en butte aux feux de l'artillerie ennemie, se porte résolument en avant. L'infanterie étant clouée sur place par les feux des mitrailleuses allemandes, le lieutenant Nayme, chef de section, en réduit un grand nombre au silence ; sortant ensuite de son char dont le conducteur, brigadier Maignan est tué par une balle anti-chars, il appelle l'infanterie qui peut occuper ses objectifs. Pendant ce temps les autres sections de la compagnie attendaient à 400 mètres derrière l’infanterie, prêtes à soutenir une attaque qui, d'abord reportée au lendemain, fut enfin contremandée.
Le 30 septembre, au matin, toute la compagnie est regroupée au bois de l'Ane.
Le 30 septembre, le 18e bataillon embarque à Poivres ; le 1er octobre, il débarque à Somme-Suippes (camp des Souches).

Combats des 16e et 18e Bataillons.

La journée du 2 se passe en reconnaissances par les chefs de bataillon, commandants de compagnies et chefs de sections.
Les chars du 18e bataillon sont transportés au grand Entonnoir, intersection de la route Marchand avec la route Souain-Tahure.
A la tombée de la nuit, les unités des 16e et 18e bataillons qui doivent être engagées le lendemain gagnent leurs positions de départ. A droite le 16e bataillon va attaquer Orfeuil, à gauche le 18e bataillon la ferme Medeah.
Orfeuil. La 348e compagnie après une marche d'approche très dure pendant laquelle beaucoup de ses chars restent en panne, met en ligne à l'heure H une section de quatre appareils commandée le sous-lieutenant Lanvin.
La 347e compagnie se porte au bois "Torpillé" où elle arrive sans encombre, malgré une nuit très noire et un terrain boisé, juste à temps pour partir à l'attaque qui est fixée pour 5h50.
La 348e compagnie, arrivée à 5h30 à la position "Les Hangars" à 300 mètres sud du bois "Torpillé" est d'abord en réserve.
Au sortir du bois "Torpillé" la section Lanvin tente de déborder le village par l'est, tandis qu'à sa droite la 347e compagnie progresse vers la route Orfeuil-Liry, qui est vite atteinte. Les mitrailleuses ennemies en grand nombre, font rage sur notre infanterie qui ne peut avancer pour suivre la progression des chars.
De nombreux fusils anti-chars prennent les chars à partie.
Des mécaniciens et tireurs sont blessés : il faut se replier.
Le sous-lieutenant Lanvin ramène trois appareils dans nos lignes et les dispose de façon à battre un défilé à droite du bois "Torpillé" par où l'ennemi pourrait contre-attaquer. Le soir, la 346e compagnie se regroupe au bois de la "Savate". La 347e compagnie, moins deux chars restés dans les lignes ennemies, se reporte au bois "Torpillé". Avec ses appareils restant disponibles reconstitue une section sous les ordres de l'aspirant Ravier, qui va dans l'après-midi, avec une section de la 318e compagnie (adjudant Laporte) réattaquer Orfeuil.
L'attaque se déclenche.
La section Ravier se porte dans les lignes ennemies mais la distance de l'infanterie devenant trop grande, elle doit s'arrêter avant d'atteindre le village et se replier. A 17 h., la section Laporte malgré un feu violent d'artillerie et de fusils anti-chars, atteint avec quatre chars son objectif, la tranchée de la route d'Orfeuil.
Jusqu'à 18 heures, elle lutte contre l'ennemi, détruisant ou aveuglant un grand nombre de ses mitrailleuses.
Pénétrant ensuite dans le village en flammes, elle en poursuit les occupants. L'adjudant Laporte et le maréchal des logis Carbonne, tous deux blessés, mais restés à leur poste, appellent alors l'infanterie française qui occupe le terrain jusqu'aux lisières du village. L'ennemi, qui abandonne un matériel important, se retranche au nord du village.
La nuit venue tous les chars sont ramenés au bois de la Savate.
Ferme Médéah. A 15 heures 50, les sections d'attaque du 18e bataillon se portent résolument sur l'ennemi fortement retranché.
Malgré les mitrailleuses nombreuses, les fusils anti-chars, les obus de tous calibres qui éclatent sans arrêt, malgré un terrain difficile, ancien bois dont les arbres abattus ont été laissés pêle-mêle, chars progressent.
Malheureusement, l'infanterie qu'appuyait la 354e compagnie ne peut avancer sous la mitraille boche, les chars doivent revenir dans nos lignes. Le sous-lieutenant François est blessé.
Les 352e et 353e compagnies sont suivies aussitôt par l'infanterie, l'attaque réussit parfaitement ; non seulement les objectifs atteints, ils sont même largement dépassés par les chars.
La ferme Médéah avec des prisonniers et un important matériel tombe entre nos mains.
Dans la nuit du 3 au 4, le bataillon est regroupé à l'arrière au bois des Epines, et ensuite au bois de la Savate.
Le 5 octobre, les deux bataillons sont placés en réserve d'Armée, on s'occupe activement à la remise en état des appareils.

Combats du 8 Octobre.

Le 16e bataillon arrive avec les appareils disponibles, 15 de la 347e et huit de la 348e, à reconstituer une compagnie de combat.
Au 18e bataillon, les 352e et 353e compagnies doivent mener l'attaque en première ligne, la 354e restant en réserve.
16e bataillon. C'est la reprise de l'attaque sur Orfeuil ; deux sections de la 347e (aspirant Pommeret et maréchal des logis Heuillon), et une section de la 346e (adjudant Cianelli) y prennent pied.
La section Pommeret avance très difficilement car dès son débouché elle est prise sous un feu violent de mitrailleuses et de canons ennemis., Après une lutte opiniâtre, elle réussit à atteindre la route Orfeuil-Liry. Dans cette section servait le brigadier Mazard, de la classe 1899, qui avait tenu, bien qu'employé à l'échelon à participer au combat. Chef de char il s'est battu jusqu'au moment où une balle anti-chars est venue le frapper dans son appareil, alors qu'il tuait du boche dans les lignes ennemies. Son conducteur, le chasseur Rivière, réussit à le ramener nos lignes.
Comme les chars de la 347e compagnie, les chars de la 346e dès leur départ sont violemment accueillis par des feux soutenus de mitrailleuses, fusils et canons anti-chars ennemis. Sous cette rafale notre infanterie doit se terrer pendant que les chars progressent pour réduire les nids de résistance. Leur manœuvre est rendue très difficile par de nombreux arbres abattus et des réseaux de fils de fer denses et intacts. Un seul char monté par l'adjudant Gianelli réussit à pousser très avant dans les lignes ennemies et ne revient plus. Les autres sont forcés de rentrer dans nos lignes.
Pendant la nuit les unités du 16e bataillon vont se rassembler au "Fond d'Aure" puis regagnent le camp des Souches.
18e bataillon. Les sections d'attaque gagnent sans être inquiétées par l'ennemi leur position de départ. A l'heure H, 6h15, immédiatement suivies par l'infanterie, celles de la 352e compagnie franchissent la route d'Orfeuil à St-Etienne, attaquant et réduisant les nids de mitrailleuses qu'elles rencontrent.
La section du lieutenant Cauyette, après une rapide progression est prise violemment à partie par la défense ennemie, et subit de fortes pertes : fusils anti-chars, mitrailleuses, canons mettent hors de combat quatre de ses chars. La section du lieutenant fonçant sur l'ennemi ne progresse bientôt plus que très difficilement ; son chef est grièvement blessé et quatre de ses chars sont endommagés. La section de l'aspirant Robillard s'ébranle à son tour pour reprendre l'attaque, mais l'aspirant est blessé et ses chars sont atteints.
L'organisation défensive formidable des bois à enlever constituant une deuxième ligne d'objectifs ne permet pas à cet endroit à l'infanterie de progresser davantage.
Les sections de la 353e compagnie, malgré de nombreuses défenses ennemies sont plus heureuses ; se portant résolument en avant en manœuvrant, elles débordent ou contournent de petits bois où l'ennemi avait établi de nombreux nids de mitrailleuses qu'elles détruisent. L'infanterie, beaucoup plus fraîche, suit de près leur progression. Tous les objectifs sont atteints. L'ennemi laisse entre nos mains du matériel et de nombreux prisonniers.
La 354e compagnie en réserve n'a pas eu à intervenir.
Au cours de la nuit, le bataillon va se regrouper au bois des Epines qu'il quitte le 9 octobre pour le camp des Souches, où il rejoint le 16e bataillon.
Le 12 octobre, les deux bataillons sont rassemblés au camp.
Le Général Gouraud, commandant la IVe Armée, les passe en revue et remet la médaille militaire au maréchal des logis Zins, Lucien, de la 353e compagnie et une citation à l'ordre de l'Armée au lieutenant Gourdin, 347e compagnie, à l'adjudant Laporte, 348e compagnie, aux maréchaux des logis Bousseton, 352e compagnie et Co, 354e compagnie.
La journée du 13 se passe en préparatifs de départ et, le 14, les bataillons embarquent à destination du camp de Mailly.

Combats du 17e Bataillon.

Le 17e Bataillon est embarqué en deux trains le 24 septembre à l'Epi de Poivre à destination de Dombasle, en Argonne. Le 25, entre 2 et 4 heures du matin, les trains arrivent à proximité de Dombasle où il est impossible de débarquer, la gare étant sous le feu d'une pièce de 150. en action ; ils sont refoulés vers Vadelaincourt-Souhesmes.
A la tombée de la nuit le débarquement s'opère sans incident ; les compagnies gagnent une position de débarquement désignée par le Commandement.
Dans la journée les Commandants de compagnie, arrivés en voiture, ont fait leur reconnaissance. Le bataillon va appuyer l'attaque des Américains.
Après le débarquement par Jouy en Argonne et Sivry-la-Perche, route longue et encombrée ; le 17e bataillon vient se rassembler, après une marche de 7 heures, dans la coupure d'Esnes où il est placé en réserve du 5e corps américain.
Le 27 septembre, au petit jour, les ordres arrivent.
Les chars s'engagent par un semblant de piste à travers le plateau et le bois d'Avocourt pour atteindre une position d'attente au bois de Malancourt. Depuis le matin la pluie fait rage.
Le 28, pas de mouvement. La veille les Américains sont partis à l'attaque de la formidable position de Montfaucon et progressent normalement.
Le 29, au lever du jour, les 349e et 350e compagnies se portent à la lisière nord-est du bois de Montfaucon ; la 351e est au bois de Cuisy.
Dans la même journée la 349e compagnie reçoit l'ordre de gagner Ivoiry pour être engagée avec la 37e division d’infanterie américaine. Le mouvement s'exécute, mais un contre-ordre arrive et la compagnie doit se déployer en lisière du bois Chemin, les Américains craignant une attaque de ce côté. A part quelques alertes, la nuit est calme.
Les journées des 30 septembre, 1er, 2 et 3 octobre sont employées à de nombreuses reconnaissances.
Le 3 octobre au soir le bataillon reçoit l'ordre d'appuyer le lendemain à 5 heures 30 l'attaque des Américains entre Gesnes et Cierges, secteur inconnu des chefs de sections, toutes les reconnaissances faites jusqu'ici ayant été orientées plutôt vers la droite.
La position de départ, en lisière nord du bois Emont, est gagnée de nuit au milieu des plus grandes difficultés, pistes et chemins sous bois n'ayant pu être reconnus à l'avance. Les chars arrivent à 5 heures 10 à la lisière sud du bois, sauf quelques-uns en panne pour avaries légères qui rejoindront plus tard.
A 5 heures 30 l'attaque est déclenchée. Un tir de barrage formidable d’explosifs et d'obus à gaz tombe sur le bois Emont ; la 349e compagnie, qui doit appuyer le 125e R.I.U.S., le traverse rapidement sans perte.
Le bois franchi, c'est la plaine. A droite dans un bas-fond, c'est Cierges, à gauche la ferme de la Grange-aux-Bois ; immédiatement à la sortie du bois, un marécage dans lequel s'enlise un char de la section Garcin, section appuyant le bataillon de première ligne. Le reste part vers Cierges.
La section Robitaille accompagnant le bataillon de soutien passe près de Cierges, franchit un énorme chemin creux rempli de blessés américains et part vers la gauche dans la direction de Gesnes qu'elle atteint sans être inquiétée. Etant trop loin de l'infanterie elle revient en arrière quand à quelques centaines de mètres de Cierges elle aperçoit la section Garcin attaquant un nid de résistance au bois triangulaire pour permettre l'avance de quelques centaines d'Américains qu'elle appuyait.
La position occupée, la section Garcin repart vers la route à La Grange-aux-Bois-Romagne. Son avance oblige l'ennemi à évacuer en hâte l'hôpital allemand de la route de Cierges-Romagne. De nombreux nids de résistance sont réduits, la section déblaie le terrain quand coup sur coup, trois de ses chars sont incendiés par des obus tirés de plein fouet par une pièce de 77 de campagne. Le char du M.D.L. Lepoire a sauté avec son équipage. L'aspirant rentre d'abord au chemin creux, puis regagne avec la section Robitaille la position de ralliement.
Plus à gauche, à la lisière N.-O. du bois communal de Cierges, la 350e compagnie devait appuyer l'attaque sur le bois de la Morine et sur le bois du Chêne-Sec.
A 7 heures 15 la section du lieutenant Etienne part vers la lisière O. de Gesnes, plusieurs nids de mitrailleuses furent vite manœuvrés et anéantis. L'attaque est poussée avec entrain, la ferme Sainte-Pie tombe, la route nord de Gesnes est dépassée de 200 mètres, des nids de mitrailleuses sont réduits.
Dans l'après-midi une autre section de la 350e compagnie (aspirant Praly) prenait le départ à 15 heures 40 pour appuyer l'attaque du 127e R.I.U.S. sur le même objectif que le matin.
Malgré un barrage violent d'obus de tous calibres, la section gagne la position ennemie. Bientôt le char de l'aspirant Praly est touché par un obus et s'enflamme. L'aspirant en sort rapidement, prend le char d'un de ses maréchaux des logis et continue l'attaque. Il nettoie les abords de Gesnes de nombreuses mitrailleuses, poursuit sa route jusqu'à la route E. du bois de la Morine.
L'infanterie étant trop loin la section fait demi tour. Un violent tir de barrage se déclenche sur elle ; le char du brigadier Perrin a son avant défoncé ; le brigadier et son conducteur sortent et sont obligés de se terrer dans un trou.
Le 5 octobre, nouvelle série de combats pour les 349e et 350e compagnies.
A 6 heures 30 le lieutenant Vignaud 349e compagnie, doit attaquer Romagne et les hauteurs à l'ouest ; l'attaque ne part pas. A 11 heures, nouvelle attaque, les chars dépassent l'infanterie et patrouillent en avant à la recherche des mitrailleuses.
La crête à l'O. de la côte 239 est nettoyée ; l'infanterie américaine vient l'occuper. De là nouveau bond de la section sur le bois 16-21 ; l'infanterie américaine suit. Puis la section toujours en avant nettoie deux boqueteaux. Trois chars sont alors obligés de quitter le terrain pour blessures du personnel. Le char du lieutenant Vignaud tombe à son tour dans un trou de vieil abri dissimulé par des herbes. La section a combattu deux heures et a avancé de 600 mètres la ligne américaine.
A gauche, du côté de la Morine, l'attaque a eu lieu plus tôt, à 5 heures 30, la section du lieutenant Malbe devait appuyer l'infanterie américaine mais, elle ne peut franchir le ruisseau situé au S.-O. de Gesnes, les points de passage reconnus n'existant pas. L'infanterie américaine progresse sans les chars, le bois de la Morne est enlevé, pendant ce temps la section Malbe, qui a réussi à franchir le ruisseau, s'est installée dans un vallonnement, une  nouvelle attaque devant avoir lieu le même jour.
A 14 heures, la section part ayant pour objectifs le bois Chêne-Sec et la côte 255.
Malgré un violent barrage d'obus et de balles de mitrailleuses, la lisière N.-E. du Chêne-Sec est atteinte, plusieurs nids de mitrailleuses y sont détruits.
De là, la section repart vers là côte 255 qu'elle atteint après avoir réduit plusieurs nids de mitrailleuses ennemies dans les bosquets.
Le 5 au soir, les 349e et 350e compagnies rejoignent le bois Chemin pour se réorganiser, les pertes durant ces deux journées ont été très dures tant en personnel qu'en matériel.
Dans la nuit, la 351e compagnie monte à son tour à sa position d'attente (lisière sud du bois Emont).
Les journées des 6, 7 et 8 octobre sont employées par cette compagnie à faire les reconnaissances en vue d'une opération sur Romagne-sur-Montfaucon et les hauteurs à l'est et à l'ouest de ce village avec la 63e brigade américaine.
Une section (aspirant Jalenques), attaquera à gauche de la route de Cierges-Romagne. La section Dumoulin à gauche sur cette route. La section Verva est en réserve.
Les chars partent le 9 octobre à 11 heures, dépassent l'infanterie américaine à 12 heures ; celle-ci ne peut progresser qu'au prix des plus lourds sacrifices à cause de nombreuses résistances ennemies consistant surtout en mitrailleuses.
La section Jalenques fait en cet endroit un travail superbe, elle déblaie tout le terrain et amène l'infanterie aux portes de Romagne qui fut pris, a dit le Général commandant la 63e B.I.U.S. dans un témoignage officiel, grâce aux chars d'assaut.
A droite de la route de Cierges-Romagne la besogne est plus facile et les chars n'ont presque pas à intervenir, le sous-lieutenant mène sa section à pied. Deux canons anti-chars et de nombreuses mitrailleuses furent pris sur le terrain.
Les fusils anti-chars qui avaient fait beaucoup de mal les jours précédents n'ont pas tiré ce jour-là sans doute gênés par la rapidité du combat.
Pour rentrer les chars durent passer dans un véritable déluge de projectiles d'artillerie, mais la manœuvre a sauvé presque tous les appareils et les équipages.
Par contre, les chars en panne sur le terrain furent vite démolis par les obus ennemis.
A 17 heures, la 351e compagnie rejoint le bois Chemin, que les 349e, et 350e avaient quitté dans la journée pour rallier le camp des Pommiers. Le 11, la 351e compagnie rejoint aux Pommiers. Le bataillon est regroupé.
Le 12 octobre on demande au bataillon un nouvel effort ; une compagnie d'attaque doit être formée en vue d'opérations sur la rive droite de la Meuse. Elle est constituée avec deux sections de la 350e compagnie et une section de la 349e compagnie. Le 12 octobre elle est transportée au village de Bras (région de Verdun).
Une première opération projetée pour le 14 n'a pas lieu ; elle est reportée au 16 et se fera avec des troupes américaines. Les journées qui précédèrent l'attaque furent épouvantables. Il pleuvait à torrents ; la nuit de J-1 à J fut le couronnement. Une véritable trombe d'eau se déversa sur le sol en quelques heures ; c'est dire si la marche des chars fut difficile.
Pourtant, le 16 octobre à l'heure H (5 heures 15), trois sections prirent le départ.
La section Caillet (349e compagnie) put s'approcher des lignes ennemies sans être entendue, grâce à quelques tirs de mitrailleuses. Mais dès la première ligne allemande de nombreuses mitrailleuses et fusils anti-chars servis par une très forte garnison l'accablent de projectiles. Deux chars sont tombés dans d'énormes trous profonds et camouflés, le mauvais état du terrain ne leur permet pas de remonter. Le reste de la section, après avoir anéanti les mitrailleuses et la troupe d'occupation, a pu continuer sa marche, mais peu après le même sort lui était réservé.
Le sous-lieutenant Caillet atteint de 28 blessures légères et arrêté entre les lignes ennemies dans son char en panne y résista bravement pendant deux heures et quart, mais finalement fut fait prisonnier.
La section du lieutenant Etienne (350e compagnie) opérait sur les terrains N.-E. du bois d'Haumont. Dès le départ elle se porta à l'attaque d'une position très fortifiée, et pourvue d'une forte garnison ; par sa manœuvre audacieuse cette position fut vite enlevée.
Un peu plus loin une résistance aussi forte se dévoilait ; cette fois, le terrain, trop détrempé et trop bouleversé, ne permet pas aux chars de manœuvrer ; des trous d'obus pleins d'eau et cachés par de grandes herbes furent un gros obstacle pour les appareils. Malgré l'adresse et le courage des équipages la section était hors de combat en une heure.
La section du lieutenant Malbe (350e compagnie) devait nettoyer les crêtes au N.-E. du bois d'Haumont et y appuyer l'installation d'une ligne américaine ; détruisant un gros nid de mitrailleuses et de fusils anti-chars, elle réussit à accomplir sa mission. Un peloton d'infanterie américaine se retrancha sur les crêtes.
Continuant sa marche, la section rencontre un terrain effroyablement bouleversé ; quatre chars sur cinq s'enlisent dans des trous pleins d'eau. Seul le lieutenant Malbe, quoique blessé à la figure, réussit à ramener son char.
Le 17 octobre, la compagnie d'attaque regroupée est ramenée au camp des Pommiers.
Après cette rude période de combats le 17e bataillon fut renvoyé à Mailly-Poivres pour être recomplété en personnel et en matériel.

RECONSTITUTION

Le régiment est tout entier rentré au camp de Mailly le 24 octobre. Après quelques jours de repos bien gagné, les unités se remettent avec ardeur au travail ; les chars sont réparés, tout le matériel remis en état. Des renforts arrivent. Profitant de l'expérience acquise au cours des derniers combats, l'instruction des compagnies est reprise et perfectionnée.
Les moyens de vaincre les difficultés de la lutte contre l'Allemand de plus en plus averti et armé contre les chars sont minutieusement étudiés. Et dès les premiers jours de novembre, les bataillons sont prêts à reprendre la lutte ; mais l'armistice du 11 novembre ne le leur permet pas. 

 

DÉCORATIONS CITATIONS COLLECTIVES
ACTIONS D'ÉCLAT DU 506e Régiment de Chars blindés

DÉCORATIONS

Légion d'Honneur
Lieutenant MALBE, Fernand.
Décision du Général Commandant en Chef, J.O. n° 11.310 D du 8 novembre 1918.
"Excellent officier, d'un courage et d'un sang-froid remarquables. remarquables. pendant six heures de suite, le 5 octobre 1918 avec sa section, sous un bombardement des plus violents, s'est acquitté acquitté façon parfaite de sa mission et a détruit de nombreux nombreux de mitrailleuses, permettant ainsi l'avance de l'infanterie l'infanterie. Une blessure, quatre citations. "

Médaille Militaire
Maréchal des logis PIERRET, Paul, 348e compagnie.
Ordre n° 12.315 du 15 décembre 1918.
"Sous-officier remarquable d'énergie et de bravoure. Son officier chef de section ayant été grièvement atteint a pris le commandement des chars et les a entrainés à l'attaque avec un élan remarquable malgré un bombardement extrêmement violent.
S'est emparé d'un village solidement défendu par l'ennemi, se portant à un kilomètre en avant de l'infanterie. Quoique blessé grièvement a continué le combat jusqu'à épuisement de ses munitions.
Trois citations."

Maréchal des logis ZINS, Lucien, 352e compagnie.
"Excellent sous-officier d'une énergie et d'une bravoure exceptionnelles. Le 8 octobre a conduit résolument sa demi-section à l'attaque, s'est engagé à fond et a réduit les centres de résistance très importants qui arrêtaient la progression de l'infanterie.
Malgré plusieurs-pannes a toujours remis son appareil en marche, n'hésitant pas à sortir de son char sous un feu des plus violents et a continué de combattre bien que restant seul de sa section."

Brigadier PERRIN, Edouard, 350e compagnie.
Ordre n° 11.310 D. du 8 novembre 1918-J.O. du 5 mars 1919.
"Gradé d'un courage exemplaire, ayant le plus grand mépris du danger. Au cours du combat du 4 octobre 1918, son char ayant été démoli par l'artillerie ennemie, en a descendu, révolver au poing, faisant feu sur l'ennemi qui s'en approchait. A rejoint au petit jour les lignes américaines. Le 5 octobre, a été volontaire pour repartit à l'attaque avec une autre section , blessé au cours de l'action pendant laquelle il a fait preuve de la même bravoure.
A refusé de se faire évacuer.
Une blessure antérieure, quatre citations."

Chasseur SARDIN, Henri, 347e compagnie.
Ordre n° 11.459 D. du 12 novembre 1918.
"Excellent soldat, très brave. A été volontaire pour conduire son char à l'assaut le 29 septembre 1918. Blessé trois fois, a achevé le combat jusqu'à épuisement complet de ses forces."

Chasseur POULIN, André, 349e compagnie.
"Jeune soldat, d'une bravoure exemplaire. Volontaire pour faire partie d'une section formée pour le combat a été grièvement grièvement. Etait déjà titulaire d'une citation."

CITATIONS COLLECTIVES

17e BATAILLON DE CHARS LEGERS.
Ordre n° 13.009 D, du 20 janvier 1919.
"Sous les ordres du Commandant LENOIR, comprenant les compagnies 349e, 350e et 351e a, au cours des opérations du 26 septembre au 20 octobre 1918, apporté par son habilité manœuvrière et sa volonté de vaincre, l'aide la plus précieuse aux troupes d'infanterie qu'il appuyait. A permis par son action la prise du bois de la Morine, des villages de Gesnes et de Romagne-sous-Montfaucon ; est ensuite intervenu sur la rive droite de la Meuse, dans des conditions de terrain particulièrement difficiles, où il a fait preuve de la même opiniâtreté et de la même ardeur. »

1ère SECTION DE LA 347e COMPAGNIE.
Ordre n° 187 du 27 novembre 1918 du 1er Régiment de Zouaves.
"Mise à la disposition du Régiment, a pu, grâce à l'énergie de son chef, le lieutenant NAYME, briser le 29 septembre 1918 toutes les résistances d'un point d'appui fortement organisé.
Pendant toute l'attaque, s'est fait remarquer par son audace, son entrain, son mépris du danger. Grâce à une collaboration étroite avec le Commandant du 1er Zouaves, a permis de conquérir conquérir l'objectif, faisant une cinquantaine de prisonniers et laissant sur le terrain plus de cent cadavres boches."

Ordre n° 22.611 D.
Le MARECHAL DE FRANCE, Commandant en Chef les Armées Françaises de l'Est, cite à l'ordre de l'Armée : 16e BATAILLON DE CHARS LEGERS.
Compagnies 346e, 347e, 348e.
"Sous le commandement du Chef de Bataillon CLOITRE a coopéré du 26 septembre au 8 octobre 1918 aux combats engagés engagés la VIe Armée, pour la conquête de positions puissamment organisées vigoureusement défendues et ayant jusque là résisté à toutes les attaques au cours de quatre années de guerre.
A montré au cours de ces journées une ardeur et un esprit de sacrifice admirables et secondé utilement les efforts de l'infanterie l'infanterie plusieurs divisions.
Au G.Q.G., le 20 septembre 1919, LE MARECHAL DE FRANCE, Commandant en chef les Armées Françaises de l'Est.
Signé : PETAIN.

ACTIONS D'ÉCLAT à l'Ordre de l'Armée

Lieutenant GOURDIN, Francisque, 347e compagnie.
Ordre du 17 décembre 1918, J.O. du 4 mars 1919.
"Officier d'une bravoure calme. Le 3 octobre 1918 a entrainé sa section de chars à l'attaque d'une position puissamment défendue. Sous les feux des mitrailleuses les plus violents est sorti plusieurs fois de son char pour obtenir la liaison et entraîner l'infanterie qu'il appuyait."

Lieutenant GODY, Léon, 352e compagnie.
Ordre n° 15.170, de la IVe Armée.
"Le 8 octobre 1918 a conduit brillamment sa section à l'assaut l'assaut lignes ennemies garnies de mitrailleuses et d'engins d'accompagnement. A réduit plusieurs nids de résistance et n'a cessé le combat qu'après avoir été blessé dans son char mis hors de service."

Adjudant LAPORTE, Xavier, 348e compagnie.
Ordre du 17 décembre 1918, J.O. du 4 mars 1919.
"A fait preuve au cours du combat du 3 octobre 1918 des plus vaillantes qualités militaires. S'est emparé avec sa section d'un village solidement défendu par l'ennemi. A reçu un obus sur son char, a été blessé légèrement. A continué la lutte pendant deux heures, poursuivant l'ennemi en fuite."

Aspirant GARCIN, Gaston, 349e compagnie.
Ordre n° 1.388 de la IIe Armée.
"Aspirant doué d'une énergie et d'un sang-froid à toute épreuve, le 4 octobre 1918 a, pendant cinq heures, mené de pair avec les troupes américaines un sévère combat contre un ennemi puissamment organisé, détruisant avec sa section de nombreux nids de mitrailleuses permettant le gain de un kilomètre de terrain âprement disputé ; a combattu jusqu'à l'extrême limite des forces de sa fraction, apportant a l'accomplissement de sa mission un entrain superbe et un calme imperturbable."

Aspirant JALENQUES, Bernard, 351e compagnie.
Ordre n° 1.388 de la IIe Armée.
Chef de section ayant fourni le plus bel exemple de bravoure et de courage, pendant le combat du 9, 10 octobre 1918 a combattu combattu six heures consécutives avec un esprit d'abnégation d'abnégation de toute éloge, assurant à pied, à plusieurs reprises, reprises, liaison avec l'infanterie d'attaque. A détruit de nombreuses mitrailleuses et a largement contribué à la prise des objectifs objectifs en annihilant complètement la résistance ennemie. ennemie.

Maréchal des logis POURCHET, Roger, 346e compagnie.
Ordre du 17 décembre 1918. J.O. du 4 mars 1919.
"Excellent gradé, énergique et très brave ; le 8 octobre 1918, Orfeuil, a entrainé sa demi-section à l'attaque des positions allemandes sous un violent tir de mitrailleuses, de fusils et canons anti-chars ; a combattu avec la plus grande énergie jusqu'au moment où il a été blessé.
Une blessure antérieure, cinq citations."

Maréchal des logis PONCE, Lucien, 346e compagnie.
Ordre du 5 février 1919, J.O. du 27 février 1919.
"Au cours de l'attaque du 4 octobre 1918, blessé par une balle anti-chars dans la tourelle de son char a continué à tirer et à guider sa fraction, faisant l'admiration de tous par son énergie et son calme."

Maréchal des logis CARBONNE, Edmond, 348e compagnie.
Ordre du 17 décembre 1918, J.O. du 4 mars 1919.
"Pendant les combats du 26 septembre au 8 octobre a fait preuve du plus grand courage, combattant dans son char durant plus de deux heures. A mis en fuite l'ennemi, détruisant ses mitrailleuses, n'hésitant pas à se porter un kilomètre en avant de l'infanterie. A l'attaque d'un village solidement défendu, quoique blessé au visage par une balle anti-chars, a continué la lutte jusqu'à épuisement de ses munitions. Est rentré criblé de petits éclats. A refusé de se laisser évacuer."

Maréchal des logis GRANDJEAN, Robert, 352e compagnie.
Ordre n° 1.570 de la IVe Armée.
"Chef de char intrépide et d'un grand sang-froid, à l'attaque du 8 octobre a pénétré profondément dans les organisations ennemies. Voyant son chef de section blessé et entouré d'ennemis n'a pas hésité sous un feu violent de mitrailleuses à sortir de son char pour y faire monter son officier qu'il a réussi à ramener ramener nos lignes."

Maréchal des logis BOUSSETON, Alexandre, 352e compagnie.
Ordre du 17 décembre 1918, J.O. du 4 mars 1919.
"Sous-officier très brave et très énergique. A fait preuve au cours du combat du 3 octobre 1918 en particulier, d'un courage et d'un sang-froid remarquables en réduisant deux nids de mitrailleuses mitrailleuses en arrêtant la progression de l'infanterie et permettant permettant à sa section de capturer dix-sept prisonniers."

Maréchal des logis CO, François, 354e compagnie.
Ordre du 17 décembre 1918, J.O. du 4 mars 1919.
"A fait preuve d'une énergie rare et d'une grande bravoure dans les combats du 3 octobre 1918. A conduit une section de chars légers avec un sang-froid remarquable. Par sa bravoure audacieuse a livré à l'infanterie tout un réseau de tranchées garnies de nombreuses mitrailleuses et atteint tous ses objectifs."

Brigadier TOCHOT, Paul, 346e compagnie.
Ordre du 5 février 1919, J.O. du 27 février 1919.
"Excellent brigadier très calme ; le 8 octobre s'est bravement porté à l'assaut d'une position ennemie sous un feu très violent.
Blessé, a refusé de se faire évacuer, pour rester à son poste."

LISTE des Officiers, Gradés et Chasseurs du 506e R.C.C. Morts pour la France

Chasseur LECOUTE, Désiré, de l'A.S. 13, tué à l'ennemi, le 26 octobre 1918.
Chasseur THOMAS, Marcel, de l'A.S. 13, tué à l'ennemi, le 26 octobre 1918.
Chasseur DIOT, Pierre, de la 346e Cie, tué à l'ennemi, le 18 octobre 1918, au combat du Bois de la Puce.
Maréchal des logis Gaston MAZOIS, de la 347e Cie, tué au combat d'Orfeuil, le 8 octobre 1918.
Brigadier MAZART, Joachim, de la 347e Cie, tué au combat d'Orfeuil, le 8 octobre 1918.
Brigadier BLAIGNANT, Charles, de la 347e Cie, tué au combat combat la Croix Muzart, le 29 septembre 1918.
Maréchal des logis DURAND, Gaston, de la 347e Cie, tué au combat, le 3 octobre 1918.
Chasseur CHRETIEN, René, de la 347e Cie, tué au combat d'Orfeuil, le 3 octobre 1918.
Maréchal des logis SANTARSIERO, Emile, de la 348e Cie, tué au combat du village de Manre, le 28 septembre 1918.
Maréchal des logis TEMPEZ, Lucien, de la 348e Cie, tué au combat du Bois de la Tourterelle, le 27 septembre 1918.
Chasseur SOULDADIE, Albert, de la 348e Cie, tué au combat du Paderborn, le 27 septembre 1918.
Sous-lieutenant CAILLET, Paul, de la 349e Cie, tué au combat combat le 16 octobre 1918.
Maréchal des logis DUMOULIN, René, de la 349e Cie, tué au combat de Gesnes, le 4 octobre 1918.
Maréchal des logis LEPOIRE, Jean, de la 349e Cie, tué au combat de Gesnes, le 4 octobre 1918.
Brigadier CHAMPION, Henri, de la 349e Cie, tué au combat de Gesnes, le 4 octobre 1918.
Maréchal des logis RIOU, René, de la 349e Cie, tué au combat combat le 16 octobre 1918.
Chasseur COTTLER, Adolphe, de la 349e Cie, tué au combat de Gesnes, le 4 octobre 1918.
Chasseur DIDIOT, Roger, de la 349e Cie, tué au combat d'Haumont, le 16 octobre 1918.
Le chasseur MARTINEAU, Albert, de la 349e Cie, tué au combat de Gesnes, le 4 octobre 1918.
Chasseur FREMAUX, Léon, de la 349e Cie, tué au combat de Gesnes, le 4 octobre 1918.
Chasseur POULIN, André, de la 349e Cie, tué au combat d'Haumont, le 16 octobre 1918.
Maréchal des logis Adolphe BAUMANN, de la 350e compagnie, blessé au bois de Montfaucon, décédé des suites de ses blessures le 2 octobre 1918.
Chasseur Charles DELAMURAZ, de la 350e Cie, tué au combat du bois d'Haumont, le 16 octobre 1918.
Maréchal des logis DUFAU, Augustin, de la 350e Cie, tué au bois d'Haumont, le 16 octobre 1918.
Brigadier Léon DOYEUX, de la 351e Cie, tué au combat de Romagne, le 9 octobre 1918.
Chasseur MEYER, Gaston, de la 352e Cie, tué au bois d'Haumont, d'Haumont, 3 octobre 1918.
Chasseur CHAPRON, Jean, de la 352e Cie, tué à Orfeuil, le 8 octobre 1918.
Chasseur André REBU, de la 352e Cie, tué au combat de la ferme Médéah, le 3 octobre 1918.
Chasseur Henri FOUCHE, de la 352e Cie, tué au combat de la ferme Médéah, le 8 octobre 1918.
Chasseur Georges FAIVRE, de la 352e Cie, tué au combat de la ferme Mazagran, le 8 octobre 1918.
Chasseur François RONCIN, de la 353e Cie, tué au combat de la ferme Mazagran, le 8 octobre 1918.
Chasseur Alexandre CUSSAC, de la 353e Cie, tué au combat de la ferme Mazagran, le 8 octobre 1918.
Chasseur Emile ALAPHILIPPE, de la 353e Cie, blessé à la ferme Mazagran, le 8 octobre 1918, mort de ses blessures.
Maréchal des logis Lévy BLANOR, de la 354e Cie, tué au combat combat la ferme Mazagran, le 8 octobre 1918.
Maréchal des logis GUIGUELE, Louis, de la 82e Batterie, tué au combat de Geite-St-Joseph (Belgique), le 14 octobre 1918.
Chasseur HECK, Emile-Albert, tué à son poste par un obus, devant Maison-Neuve.
Chasseur PAULAT, Eugène-Louis, tué le 20 août 1918, à Bellefontaine, au cours d'un dépannage (ferme des Loges).