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                    19e Bataillon de Chars de Combat

 

 

 

 

Unité constituée à METZ avec des éléments actifs du 507e R.C.C.
La mobilisation ne lui apportera que d'infimes renforts, car depuis plusieurs mois le bataillon est maintenu à effectifs complets. Le personnel est originaire des régions Nord, Paris et environs, Lorraine et Alsace.
Equipée avec du matériel D2.
LA DEVISE : " Tout est possible " traduisait en terme correct la rengaine lapidaire " ET ON N'A PAS TOUT VU ", résultant du sentiment général des équipages, qui n'avaient aucune illusion sur la valeur du matériel.

ENCADREMENT
L'encadrement de ce bataillon a été plusieurs fois modifié. Le 15 mai 1940, au moment de son entrée dans la bataille, il était le suivant :
Commandant le bataillon : Chef de Bataillon AYME
Chef d'état-major: Capitaine FOUCAUD (†)
Officier de renseignements : Capitaine CLEMENT
Officier de transmission : Sous-Lieutenant CLERMONT
Officier de détails : Lieutenant BRIARD
 
 
1ère COMPAGNIE (qui prendra le nom de 345e Compagnie Autonome de Chars de Combat du 27 avril au 1er juin 1940) 2e COMPAGNIE 3e COMPAGNIE COMPAGNIE D'ECHELON

Capitaine Idée

Lieutenant Boudard

Sous-Lieutenant Lacour

Sous-Lieutenant Sergent (†)

Adjudant Godalis

Capitaine Baise (†)

Lieutenant Biette

Sous-Lieutenant Bourgeois

Sous-Lieutenant Cavarrot (†)

Lieutenant Bellier

Sous-Lieutenant Carré

Capitaine Nicol

Sous-Lieutenant Averlon

Sous-Lieutenant Le Bars

Adjt Chef Gouvernant (†)

Sous-Lieutenant Renaud

Sous-Lieutenant Pecquinot

Capitaine Dransart

Lieutenant Sot

Sous-Lieutenant Meyer (†)

Lieutenant Guillemier

Adjudant Chef Boileau

 

La chronologie de la vie du 19e B.C.C. se divise en cinq parties

1) 21 AOUT 1939 - 15 MAI 1940
21 août - Mise sur pied de l'échelon A (noyau actif). 22 août -Mouvement sur Letricourt (sud de Nomeny). 27 août - L'échelon B quitte Metz.
1er septembre - Le bataillon affecté au G.B.C. 507 (PC Marly - Ve Armée) est regroupé, la C.E. va stationner à Chemicourt.

6 septembre - Passe au G.B.C. 510 (P.C. Delme).

8 septembre - Nouvelle affectation au G.B.C. 511 (P.C. Fayen Haye).

14 septembre - Mouvement par Aulnay, Sales, Fresne, Saulnois, Château-Salin, Dieuze, Fenestrange (83 km).

15 septembre - Dans la nuit du 15 au 16, nouveau déplacement par Ingviller, La Petite-Pierre-Wingen et Sarreinsberg (40 km).
Stationnement E-M, C.E., 2e et 3e Compagnies : Sarreinsberg, 1ère Compagnie : Althorn.

16 septembre - 30 novembre - Reconnaissances d'emplois : Vallée de la Schwalb, Wolmunster, défense du plateau de Rohrbach. Tirs réels à Hassenthal (champ de tir organisé par l'unité).

1er décembre - 7 mars - Un centre d'instruction est organisé à Blamont par la Ve Armée. A partir de cette date, toutes les compagnies du bataillon seront successivement détachées à ce centre. La 2e compagnie du 1er décembre au 13 janvier. La 3e compagnie du 28 janvier au 16 février. La 1ère compagnie du 17 février à la fin mars.

8 mars - Mouvement sur Cirey à proximité du PEB 5 (parc engins blindés n° 5) en vue de procéder au changement de tourelles et à la révision générale des appareils.

26 avril - La 1ère compagnie est dirigée sur Versailles pour être rééquipée avec du matériel D 2 neuf et, ensuite, dirigée sur le front de Norvège. Elle devient la 345e compagnie autonome de chars. Le bataillon reste avec trente équipages pour servir 44 chars. La 345e compagnie ne s'embarquera pas pour la Norvège, en raison d'importantes mises au point mécaniques sur ces chars neufs.

27 avril - 10 mai - Stationnement à Cirey.

11 mai - Alerte générale. L'Allemagne avait envahi la veille le Luxembourg et la Belgique.

14 mai - Le bataillon reçoit l'ordre d'embarquer sur voie ferrée. La moitié de ses chars changent de tourelles, les canons de 47 mm SA 35 remplacent les SA 34. L'opération est en cours. De plus, les chars de la 1ère compagnie (sans équipage depuis la formation de la 345e Compagnie) sont répartis entre les deux autres compagnies.

2) 16 MAI 1940 - 21 MAI 1940

Bataille de LAON
La IVe D.C.r. qui vient d'être créée, engage dans la bataille de Laon ses unités au fur et à mesure de leur arrivée. Ce fut le cas du 19e B.C.C. et de la 345e Compagnie Autonome.

16 mai - Embarquement sur chemin de fer en six rames. E-M, 1ère compagnie (Matériel laissé par cette unité avec équipages réduits prélevés sur les autres unités), C.E. à Cirey, 2e compagnie à Ingwiller, 3e compagnie à Imling. La première rame part de Cirey à 5 heures.

17 mai - La dernière rame part à 9 heures.

18 mai - La première rame (E-M et 1ère compagnie) arrive à Fismes à 4 heures. Le bataillon est affecté à la 4e D.C.r. (PC Festieux). 8e Demi-Brigade (PC à Mauregny-en-Haye). La 345e Compagnie Autonome, est affectée au bataillon.

19 mai - Les 2e et 5e rames, débarquent à Mont-Notre-Dame, l'une à 7 heures, l'autre à 12 heures. La 4e à Braine.

20 mai - Enfin les 6e et 3e rames à Mont-Notre-Dame à 7 heures et 14 heures 30. Le bataillon reçoit l'ordre de couvrir la 4e D.C.r. pendant son passage de l'Aisne au nord de laquelle la 345e compagnie est sérieusement au contact. L'organisation du bataillon est ainsi modifiée : la 345e Compagnie est complétée par une section de la 1ère compagnie qui est dissoute ; la 2e compagnie sans modification, la 3e compagnie est complétée par une section de la 1ère. Les chars sans tourelle et à réparer sont dirigés sur la C.E. Dans la nuit, le bataillon se regroupe autour de Lagery (sud de Fismes).

21 mai - Les boîtes de tourelle et le second accumulateur parviennent de Rueil, mais il manque encore cinq tourelles.

3) 22 MAI 1940 - 30 MAI 1940

Bataille d'AMIENS

22 mai - A 15 heures 30, le bataillon quitte Lagery en direction de la forêt de Compiègne par Coulonges, Nesles, Mareuil-en-Dôle, Corcy, Fleury, Saint-Jean-au-Bois.

23 mai - Arrivée à Brévières à 4 heures 30. Etape de 85 km extrêmement pénible. Les chars en panne jalonnent l'itinéraire. Le dépannage et la C.E. travaillent sans arrêt. A 22 heures, la colonne repart sur Moreuil par Compiègne et Montdidier (68 km).

24 mai - Arrivée à Moreuil à 4 heures. Il ne reste que 19 chars disponible. Cinq pourront être récupérés en fin de journée, le reste se regroupe en forêt de Compiègne pour être remis en état dans des délais plus ou moins longs.
Les compagnies établissent leur position d'attente au bois est de Moreuil et organisent la défense contre les incursions de blindés.

25 mai - A 17 heures, le bataillon reçoit l'ordre de se porter dans la région sud-ouest de Conty et, à 21 heures, fait mouvement par Ailly.

26 mai - A 4 h 30, les compagnies s'installent en position d'attente et reçoivent les missions suivantes :
2e compagnie - Bois à l'ouest de Conty - Mission d'interdire la Selle entre Fleury et Frémontier.
345e compagnie - Lisière sud de Fleury - Mission d'interdire le pont de Fleury et les accès immédiats du village.
3e compagnie - Lisière nord du bois Marjorac en réserve, prête à agir derrière la 345e.
P.C. - B.C.C. - Sortie sud de Fleury (déplacement 35 km).
8 heures 30 : le bataillon est avisé que la 346e compagnie autonome, stationnée à Longpont, est affectée au bataillon. Le personnel de la 345e part pour prendre le matériel en charge, laissant une section à Fleury.
16 heures 30 : l'ordre de participer à une opération sur Amiens parvient au bataillon. Appui d'une attaque de la 7e D.I.C. (P.C. Essertaux). Axe probable d'attaque Vers-sur-Selle, à l'est de la route du champ de manœuvre d'Amiens.
18 heures : Départ pour la région nord de Baconel. Point de première destination : lisière sud du Bois de Catillon. Le général commandant la 7e D.I.C., d'accord avec le général commandant le corps d'armée, décide que l'attaque n'aura lieu que le lendemain à 10 h pour permettre à l'infanterie d'atteindre de nouvelles bases de départ et reconnaître son terrain d'action (cette dernière opération ne sera pas exécutée).
A 22 heures 30 : les compagnies quittent leur position d'attente de Fleury-Contre et parviennent à leur position de départ à 4 heures.

27 mai - L'attaque doit s'effectuer en deux phases le 27.
Première phase : P.D., bois nord-est de Vers-sur-Selles - Mission : neutralisation et nettoyage de la crête nord de la Charmille par rabattement au nord (axe d'attaque oblique). Dispositif du bataillon : 2e en tête, 3e deuxième échelon avec la section de la 345e - Débouché : 10 heures.
Deuxième phase : P.D., thalweg sud de la Charmille - Mission : permettre à l'infanterie d'atteindre l'asile d'aliénés d'Amiens - Dispositif du bataillon :
3e à gauche, 2e à droite avec la section de la 345e compagnie - P.C. B.B.C., nord de Fleury.
A 10 heures, la 2e débouche suivie par la 3e. A 10 heures 10, elles abordent les premiers éléments ennemis. Quelques chars dépassent la Charmille. A ce moment un char de la 2e ayant sa tourelle bloquée par un obus antichars (probablement de 25) revient en arrière. Des rangs de l'infanterie, partent les cris : "les chars reculent", et les unités d'infanterie se replient.
Après avoir nettoyé la crête, les chars de la 3e reviennent sur Dury. L'infanterie n'a pas dépassé la ligne Dury-Côte 155. Les chars repartent et attaquent la Cote 110, qui est atteinte par des éléments du 1/7e R.I.C.
Les chars sont attaqués aux antichars et à la bombe par des avions allemands. Les chars de l'Adjudant Chef GOUVERNANT, du Sergent VILLEMAIN, du Sous-Lieutenant CAVARROT, du Capitaine BAISE sont entièrement détruits.
Mais lorsque les chars se replient, l'infanterie abandonne la Cote 110 aux cris de "Voilà les chars allemands" et tous les éléments refluent vers l'arrière. Malgré les efforts du commandant du 19e, c'est la débandade. Un chef de bataillon du 7e R.I.C. demande même le tir de l'artillerie, sur le bois Impérial où sont les chars de la 3e compagnie. Le repli du 1/7e R.I.C. continue.
L'attaque est arrêtée à 17 heures. Le 19e se regroupe au bois Impérial. A 22 heures, le bataillon quitte la position de ralliement pour Fleury.
Bilan de l'opération : trois équipages tués (dont deux chefs de section et un capitaine commandant), sept chars détruits.

4) 3 JUIN 1940 - 9 JUIN 1940.       Combat sur le THERAIN

3 JUIN - Le mouvement sur LIHUS s'achève en fin d'après-midi. Seule, la 1ère compagnie est en état de combattre. Quatre chars de la 3e sont en état de rouler mais non de combattre. La 2e ne possède que son matériel sur roues. Quant à la C.E., toujours en forêt de COMPIEGNE, elle s'efforce de remettre en état treize chars pour la 346e et dix pour le bataillon.

4 JUIN - Le chef de bataillon est convoqué au P.C. de l'Inspection des chars (château de CHASSENEUIL). Au cours de l'entretien les décisions ci-après sont prises :
- affectation au 19e des D 2 sortant d'usine qui devaient équiper la 350e compagnie. Le 19e envoie à Satory le personnel pour en prendre livraison (12 chars D 2 ).

5 JUIN - A 20 heures 30, le bataillon fait mouvement sur RAINVILLIERS (sud-ouest de Beauvais) par HAUTE-EPINE, LA NEUVILLE, ACHY, GRILLON, GLATIGNY, LA CHAPELLE (45 km).

6 JUIN - Marche de nuit, très pénible, route encombrée. A 4 heures 30 arrivée à RAINVILLIERS et SAINT-LEGER-EN-BRAYE (treize chars en état, neufs, à la 1ère, douze anciens dont cinq en état de combattre à la 3e. La 346e est affectée au bataillon : point de première destination, GOURIEUX (sud de Chantilly).

7 JUIN - 14 heures 30, l'ennemi accentue sa pression. Infiltration de chars entre POIX et AUMALE, engins blindés signalés à l'ouest de GRANVILLIERS, SAINT-ARNOULT, FEUQUIERES ; au sud d'AMIENS, l'ennemi s'est emparé d'ORESNAUX. Les centres de résistance d'HEBECOURT, CONTY, AILLY tiennent toujours.
La 2e, toujours réduite à son matériel sur roues, est dirigée sur le bois de CHANTOISEAU (ouest de VILLOTRAN). Les échelons sur roues dans le bois au sud de RAINVILLIERS, la CE dans la forêt d'ERMENONVILLE.

8 JUIN - A midi, le bataillon reçoit l'ordre suivant :
La 1ère compagnie doit se porter dans la région de MILLY-sur-THERAIN, par LE BECQUET, SAINT-GERMAIN, LA POTERIE, SAVIGNIES, PIERREFITTE, LES FORGES ; avec mission d'interdire les accès de MILLY et de SAINT-OMER.
La 3e compagnie doit se porter sur CRILLON par RAINVILLIERS, VILLESSAUT, SAINT-BARTHELEMY, LE VIVIER, DANGER, ARMANTIERES, HAUCOURT, avec mission d'interdire les accès nord et ouest de CRILLON et de LA PETITE FRANCE jusqu'à l'arrivée des éléments du 25e C.A.
La 346e arrivée à SAINT-SULPICE se dirige vers BERNEUIL puis sur le GORGUET (sud de Savignies) où elle prend l'itinéraire de la 1ère.
Le dispositif est en place à 15 heures. Six chars B des 46e et 47e B.C.C. sont mis à la disposition du bataillon.

9 JUIN - La 1ère et les chars B, à 3 heures 30, se portent à l'attaque au nord du THERAIN en direction du nord-ouest. L'ennemi n'a aucune réaction les chars reviennent à leur base de départ.
A 5 heures, la 3e compagnie arrive au sud de MILLY-sur-THERAIN.
Le bataillon reçoit l'ordre de couvrir le repli de la 4e D.C.r.
La 346e rejoindra directement LE VAUROUX.
Un escadron (SOMUA), du 3e Cuirassiers, est mis à la disposition du bataillon à MONCEAUX, et se porte sur PIERREFITTE.
La 1ère compagnie assure la protection du repli du 7e R.D.P. installé à BONNIERES. La 3e se porte à la sortie sud-ouest de SAVIGNIES, cote 143, pour barrer le couloir du MONT SAINT-ADRIEN, jusqu'au repli de tous les éléments de la 4e D.C.r.
A 7 heures 45, le 7e R.D.P. est replié, la 1ère compagnie se porte sur SAVIGNIES.
A 9 heures 10, la 3e compagnie bat de ses feux la ligne PIERREFITTE, cote 143, lisière nord-ouest du bois de TESTE. La 1ère compagnie a une section interdisant les accès de SAVIGNIES et une section sur la cote 161. L'escadron de SOMUA arrive à PIERREFITTE à 9 heures 30 et se porte sur la ligne cote 170 - 172 pour épauler le repli des compagnies du 19e.
A 10 heures 10, des infiltrations ennemies ont eu lieu, tendant à interdire l'entrée du MONT SAINT-ADRIEN. La 1ère couvre de ses feux la Cote 143, la 3e coopère à la neutralisation.
L'ordre de repli est donné à 10 heures 30. Des dépanneurs de la 3e, pris sous le feu de l'infanterie ennemie sont dans l'obligation d'abandonner leur véhicule. Ils ne rejoindront qu'à la nuit après avoir traversé les lignes allemandes.
A 12 heures 30, le commandement de la 6e Demi-Brigade prescrit au bataillon de couvrir le flanc droit de la D.C.r. à l'ouest par GISORS. L'annonce de cette nouvelle mission fait l'objet d'une intervention du commandement signalant l'état mécanique des chars qui peuvent encore se mouvoir.
Peu après, deux chars prennent feu et sont détruits.
Quelques chars de la 3e et de la 346e arrivent à 19 heures à DELINCOURT et couvrent la route GISORS - PONTOISE vers le nord.
Une reconnaissance moto envoyée à GISORS se trouve à 19 heures 30, face à face avec plusieurs chars allemands. Sans perte, elle peut s'échapper.
A 21 heures, la 6e Demi-Brigade donne l'ordre de porter le bataillon à CHARMONT (sud de MAGNY-en-VEXIN).

5) 10 JUIN 1940 - 30 JUILLET 1940

Repli sur la SEINE et la LOIRE

10 JUIN - A 1 heures 45, nouvel ordre de repli sur le pont de POISSY.
Départ 3 heures 15. Arrêt de 4 heures à 5 heures 30 au carrefour des routes de GRUGNY et de PONTOISE pour permettre le passage du 7e R.D.P. Passage au Pont de POISSY à 7 heures 30, le mouvement continue sur NEAUPHLE-le-CHATEAU.
Tous les chars de la 346e ont du être abandonnés, ne pouvant être dépannés. Le bataillon n'a plus que dix chars.
9 heures 30 : les compagnies stationnent: 1ère et 346e à LA CHAINE, 2e et 3e à PETIT-PRES, C.E. à GRIGNON.

12 JUIN - La division est mise à la disposition du Xe C.A. pour interdire le passage de la SEINE, de MANTES à BONNIERES et protéger le flanc gauche de l'armée, menacée par des forces allemandes débouchant de VERNON. Le bataillon passe à la 8e Demi-Brigade et est dirigé sur ADAINVILLE par NEAUPHLE-le-CHATEAU, MONTFORT-L'AMAURY, SAINT-LEGER-en-YVELINES, LA HAUTE-JANNIERE.

13 JUIN - Dans la nuit du 12 au 13, la défense de la capitale est abandonnée. La division se replie vers le sud.
Mouvement de la 1ère par LA BOISSIERE, BOCHEREAU, EPERNON, ECROSNES, SAINT-SYMPHORIEN, AUNEAU, SAINT-LEGER-des-AUBEES et OUARVILLE, où elle stationne (25 km sud-est de Chartres).

15 JUIN - Six chars restent à la 1ère qui, par SANTEUIL et SOURS, gagne LUISANT. Puis elle barre les issues sud de CHARTRES.

16 JUIN - La 1ère se porte sur BOULAYE avec cinq chars. La 350e venant de SATORY est affectée au bataillon qui la dirige au sud de CHATEAUDUN.

17 JUIN - La 1ère reprend sa marche vers le sud et à 7 h 50, atteint LA JOUNEE (sud-ouest de Bonneval).
A 12 heures 45, des éléments allemands débordent BONNEVAL par l'est.
La 1ère se porte vers JUPEAU (800 m à l'est de Vouvray). A 13 heures, il ne lui reste plus que quatre chars qui sont rattachés au 44e B.C.C., pour participer aux barrages des issues sud de CHATEAUDUN. A 21 heures 30, la compagnie arrive à ECOMAN. La traversée de la Loire à BLOIS est prescrite.

18 JUIN - A 1 heure 45, la compagnie passe le pont et va stationner à CELETTES.

19 JUIN - Il ne reste plus que trois chars qui reçoivent de la 8e Demi-Brigade la mission de se porter au pont de BLOIS. L'après-midi, des coups de feu sont échangés des deux côtés du fleuve. A 23 heures, les éléments restant reçoivent l'ordre de s'installer à MONLEVANT et SAINT-CLAUDE pour y interdire le franchissement.

20 JUIN – A 12 heures, nouveau mouvement en direction de la forêt de RUSSY (200m au nord de CELETTES).
Accrochage entre HUISSEAU MONTALIVANT. Franchissement du Cher à MONTRICHARD. Arrivée au château de MONT-CERE à 20 heures. Il ne reste plus qu'un char.
Dans l'après-midi, les derniers éléments du bataillon sont dirigés sur la base de la division, au château de BOISSY (près de la Chapelle-Blanche).

21 JUIN – La 346e est dissoute.

22 JUIN – Mouvement sur BERGERAC. Le bataillon est rattaché au G.B.C. 511. Cantonnement à MONTRON à 23 heures.

23 JUIN – Mouvement sur BRANTOME et CHANCELADE (ouest de Périgueux). Formation d'un bataillon de Chasseurs Portés, avec le personnel du bataillon, une compagnie du 72e et une du 10e B.C.C.

24 JUIN – Départ à 19 heures par PERIGUEUX et VILLEFRANCHE-de-PERIGORD.

28 JUIN – La 350e rejoint le bataillon avec sept chars.

2 JUILLET – Le bataillon remonte au nord à SAINT-ASTIER.

31 JUILLET – Dissolution du bataillon.

 

345e COMPAGNIE

27 AVRIL - Le personnel embarque à IGNY - AVRINCOURT à 10h30.

29 AVRIL - 14 MAI - Perception de 14 chars, D 2 neufs (tous les paliers arrière fuient) chaque appareil exige une mise au point complète.
L'unité qui devait être dirigée sur la NORVEGE ne peut partir avant les réparations qui dureront jusqu'au 15 mai. La compagnie est alors affectée à la IVe D.C.r.

15 MAI - La compagnie embarque à la gare des Matelots (Versailles).

16 MAI - Débarquée à SOISSONS et CROUY, elle est affectée à la 6e Demi-Brigade et immédiatement dirigée sur le bois de SAMOUSSY (est de Laon).

17 MAI - Elle reçoit l'ordre d'attaquer en direction de MONTCORNET. A 3 heures 45 elle part, progresse vers DIZY-LIESSES-CHIVRES où elle détruit un détachement ennemi en side-car.
Après avoir recomplété ses pleins, à BUSSY, elle repart à 15 heures sur l'objectif, vers MONTCORNET où jusqu'à 19 heures elle se bat, détruit une colonne de camions, des AM et des chars allemands. L'aviation ennemi attaque à la bombe et mitraille les chars à balles perforantes et incendiaires. Trois chars sont mis en feu. En fin d'après-midi, la compagnie rejoint le bois de SAMOUSSY.

18 MAI - La compagnie repasse au 19e qui débarque à FISMES.

19 MAI - Au lever du jour, elle repart à l'attaque avec la 8e Demi-Brigade en direction de CRECY-sur-SERRE qu'elle atteint. Jusqu'à 19 heures, le combat atteint une rare violence, deux chars sautent sur des mines. Elle se replie sur LAON, poursuivie par de très nombreux avions et parvient à 22 heures au bois de LAVERGNY où elle passe la nuit (sud-est de Laon).

20 MAI - A 8 heures 30, elle prend sous son feu une colonne allemande qui débouche sur la route d'EPPES à LAON et détruit 1 char et 3 AM.
En liaison avec deux sections R 35 du 24e et du 2e B.C.C. elle attaque. Deux officiers sont tués (Lieutenant HUMBERT 24e B.C.C., Lieutenant FOREST du 2e B.C.C.).
Le Capitaine IDEE a les deux tympans crevés. L'isolement étant manifeste, la 345e compagnie se replie sur FESTIEUX, dépassé par les Allemands. Trois chars sont détruits dont celui du Sous-Lieutenant SERGENT qui est tué avec son pilote et le mécanicien du char voisin.
Au cours de cette journée, cinq chars sont détruits. Il ne reste plus que quatre appareils. En trois jours, l'unité a perdu dix chars.

21 MAI - Stationnement à SERGY.

22 MAI - La compagnie rejoint le 19 à LAGERY...

25 MAI - Le Capitaine IDEE, blessé le 20, est évacué malgré lui. Le Lieutenant BOUDARD prend le commandement.

 

346e COMPAGNIE

17 MAI - Une compagnie du 106e Bataillon B en formation à LA BUSSIERE (Loiret) reçoit l'ordre de former immédiatement une compagnie D 2. Le Capitaine DURAND en reçoit le commandement. Seul, l'Aspirant de LANGAVANT, connaît le matériel D 2.

18-19 MAI - Dix chars sont perçus par le personnel au prix de mille difficultés par suite de l'ignorance du personnel.

20 MAI - La compagnie est embarquée et dirigée sur la forêt de VILLERS-COTTERET.

21 MAI - Arrivée à la nuit en gare de VIERZY. Deux chasseurs venus de Gien en side-car y attendent la compagnie pour lui remettre les percuteurs des canons oubliés lors de la perception, et dont l'absence n'avait été constatée par personne.
Le débarquement est effectué avec beaucoup de difficultés. Trois chars se renversent.

22 MAI - 28 MAI - Le Capitaine DURAND, conscient de l'inexpérience de son personnel, expose la situation au commandant de la 2e D.C.r. qui devant l'impossibilité d'en assurer l'instruction, fait diriger la compagnie sur le 19e B.C.C.

28 MAI - La compagnie rejoint le bataillon où le personnel de la 345e prend le matériel en compte.
Le personnel de la 346e reste à la C.E. Le Capitaine DURAND, très malade, est évacué et remplacé par le Capitaine COLLOT.

 

350e COMPAGNIE

8 JUIN - Le Capitaine REY, instructeur à l'Ecole des Chars, reçoit l'ordre de former une compagnie D 2 avec du personnel et matériel pris à VERSAILLES. Lieutenant ROY, Lieutenant VAUTHIER.

9 JUIN - La perception de douze appareils s'effectue avec le Lieutenant ROCHEREUIL, le Sergent-Chef PRIVAT et neuf hommes.

10-11 JUIN - Du personnel arrive de tous côtés, sans aucune connaissance du D 2.

12 JUIN - Le dépôt du 503e commence son évacuation. Le commandant de compagnie ne reçoit aucun ordre. Il peut joindre le Parc de Réserves Généra!es de GIEN, qui lui prescrit l'ordre de rejoindre par FONTAINEBLEAU.

13 JUIN - Exécution du mouvement prescrit.
 
14 JUIN - La compagnie se dirige sur MONTARGIS, où elle reçoit l'ordre de poursuivre son déplacement vers CHATEAUDUN, en longeant la rive nord de la Loire, où elle rejoindra le 19e.

15 JUIN - Arrivée à MONTARGIS à 18 heures, après avoir subi un bombardement d'avion. La traversée de la ville est rendue difficile par suite de l'encombrement des rues. Elle parvient à 5 km de MONTARGIS à 21 heures après avoir perdu une partie de son échelon sur roues.

16 JUIN - Elle continue son mouvement et perd deux chars.

17 JUIN - A 0 heures 30, elle franchit le pont de CHATEAUNEUF-sur-LOIRE (qui sera détruit à 13 heures). Elle reste à la disposition du 57e R.I.C., puis reprend son déplacement.

18 JUIN - Le 1er C.A. lui prescrit de faire mouvement sur MILLANCAY. Le soir, la section LERAY part vers une destination inconnue.

19 JUIN - Arrivée à LOUVIERE.

20 JUIN - 22 JUIN - Mouvement par ORVILLE-les-MINEAUX, BUXEUIL, MOULINS-sur-CEPTONS, SOUZE, BUZANÇAIS, MIGNE, GIRON, BELABRE. Au soir du 22, la compagnie est réduite à sept chars, quelques véhicules, trois officiers, quinze sous-officiers, soixante-douze caporaux et chasseurs.

23-24 JUIN - Repli par MEZIERES, ISSOIRE, SAINT-GERVAIS, ORADOUR, CHALES, THIVIERS, SORGES en direction de PERIGUEUX.

25 JUIN - 28 JUIN - Stationnement à RECHECHOUART à la recherche du 19e B.C.C.

29 JUIN - Contact enfin réalisé avec le 19e. La compagnie ne possède plus que 9 chars à BESSE-le-CHATEAU. Ses chars seront versés au parc de PERIGUEUX.

 

PERTES

Personnel
TUÉ : 3 officiers, 4 sous-officiers, 7 caporaux et chasseurs.
BLESSÉS: 20.
PRISONNIERS : 5.

Matériel
Au départ 45 chars ; avec l'apport des compagnies autonomes, le bataillon a disposé de 81 appareils.
Chars détruits par l'ennemi : 21
Chars détruits par les équipages : 51, soit 88 % (ou évacués sur l'arrière).

CITATIONS

A L'ORDRE DE L'ARMÉE (Ordre général 19140 du 21 novembre 1940).

19e Bataillon de Chars de Combat
" Brillante unité, ardente et manœuvrière. Le 27 mai 1940 sous l'énergique commandement du Chef de Bataillon AYME, s'est portée à l'attaque des positions ennemies devant Amiens ".
" Ayant partout atteint ses objectifs, a réussi à se maintenir sur le terrain « avec une partie de ses éléments malgré les feux puissants d'une défense antichars très active, tandis que de l'autre partie retournée en arrière, elle parvenait à entraîner l'infanterie et à la conduire sur l'objectif. »
" S'est à nouveau distinguée du 8 au 20 juin en retardant avec des « moyens réduits les colonnes ennemies dans leur progression et en leur « infligeant des pertes en personnel et en matériel. "

A L'ORDRE DE LA 8e DEMI-BRIGADE DE CHARS

1ère Compagnie du 19e B.C.C. (ex 345e Compagnie Autonome)

" A participé brillamment du 16 mai au 24 juin 1940, d'abord sous les ordres du Capitaine IDEE, puis sous ceux du Lieutenant BOUDARD à tous les combats menés par la 4e D.C.r., attaquant l'ennemi partout où il se trouvait, retardant toujours sa progression et lui infligeant chaque fois des pertes sérieuses. A eu plus de la moitié de ses équipages et de son matériel mis hors de combat par le feu de l'adversaire. "
 

R E C O M P E N S E S

LEGION d'HONNEUR : 4 - MEDAILLE MILITAIRE : 4.
CITATIONS
A l'ordre de l'Armée : 9 –
du Corps d'Armée : 10 –
de la Division : 37 –
de la Brigade : 7 –
du Régiment : 154.
Pour le 19e B.C.C. et la 345e C.A.C.C. réunis.

Sources : Archives du SHAT Vincennes.